L’adaptabilité de la selle

  1. L’équilibre de la selle

Le point le plus bas du siège doit se situer au milieu de la selle.

Figure 1 : Équilibre de la selle
  1. La longueur de la selle

La zone de portance de la selle se situe entre la scapula et la 18ème côte. 

Attention, l’adéquation entre la longueur du dos du cheval (zone de portance) et la taille de la selle nécessaire au cavalier (longueur de la selle) ne coïncide pas toujours.

Figure 2 : Zone de portance maximale de la selle
  1. Le dégagement du garrot

Pour analyser le dégagement du garrot, il faut prendre en compte que le sanglage et le poids du cavalier auront un impact direct sur ce point.  Par conséquent, pour vérifier que le dégagement du garrot est correct, il faut que le cavalier soit en selle, sur une selle sanglée.

Le dégagement du garrot concerne le sommet mais également les zones latérales de celui-ci. En effet, on retrouve de part et d’autre du garrot, une zone de sensibilité nerveuse qui contrôle la base de l’encolure, le dos et la flexion du bassin. 

Figure 3 : Zone de sensibilité

Figure 4 : Dégagement du garrot – E. Cottereau

Ainsi, si cette zone est comprimée par la selle, on peut facilement comprendre les conséquences que cela peut avoir sur le déplacement du cheval et l’engagement de ses postérieurs.

 L’écart entre le garrot et le pommeau de la selle doit être de 4 à 6 cm et les zones latérales du garrot doivent être libres.

  1. La largeur de la gouttière 

Nous avons vu précédemment que la zone de portance de la selle se situe sur la ligne thoracique du squelette.

Figure 5 : Ligne thoracique du cheval
Figure 6 : Vues crâniale et latérale de T6

Chacune de ces vertèbres est composée d’un processus  épineux et de processus transverses dont la longueur peut différer et qui peut avoir pour conséquence la variation de la hauteur du garrot chez le cheval. Ces vertèbres sont ensuite recouvertes du ligament  supra-épineux qui a pour rôle de soutenir la selle et le cavalier. 

La largeur de la gouttière a donc toute son importance  dans l’adaptabilité de la selle afin d’éviter de comprimer ou d’impacter le processus vertébral du cheval. Il convient que celle-ci soit compris entre 8 et 10 cm.

Figure 7 : Largeur optimale de la gouttière
  1. Des panneaux pleinement au contact 

Les panneaux de la selle ont pour rôle la répartition de la pression. Par conséquent, plus la surface des panneaux en contact avec le dos du cheval est grande, plus la pression est répartie. Dans le cas où les panneaux ne sont pas pleinement en contact avec le dos du cheval, cela crée des points de pression.

Figure 8 : Impact des panneaux sur le dos du cheval – Strada

Attention, certes plus les panneaux sont larges plus ils répartissent la pression mais dans la limite des forces exercées sur ceux-ci. Sur le schéma ci-contre, les délimitations blanches en pointillés représentent des panneaux larges, débordant de la selle. Les flèches bleues représentent les forces exercées par le poids du cavalier sur les panneaux et les flèches vertes, les forces exercées par le dos du cheval en réponse aux forces du poids du cavalier. Il y a donc une répartition de la pression sur cette zone, dans le cas où les panneaux sont pleinement au contact (flèches jaunes).

Même si visuellement des panneaux larges, débordants de la selle donnent l’impression que la pression se répartit mieux, ce n’est finalement pas le cas.

Figure 9 : Répartition des pressions sur les panneaux
  1. La forme et la largeur de l’arçon

Bien qu’il est difficile d’avoir une vision de l’arçon lorsque la selle est terminée, il convient tout de même d’évoquer ici l’importance de la forme et de la largeur de l’arçon qui doivent être adaptés à la forme du dos pour laisser libre les mouvements du cheval.

  1. L’alignement des sanglons

La tombée naturelle des sanglons doit être perpendiculaire au sol et alignée avec le passage de sangle du cheval.

Figure 10 : Alignement des sanglons par rapport au passage de sangle

Chez des chevaux où le passage de sangle est très avancé par rapport à l’emplacement de la selle, la fixation des sanglons le plus en avant possible de l’arçon peut être une solution.

Dans certains cas, il n’est pas possible de faire coïncider le bon emplacement de la selle et des sanglons avec le passage de sangle, ce dernier se trouvant trop en avant. Pour remédier à ce problème, l’utilisation de sangle déportée peut être une bonne solution.

  1. L’angle de l’arçon

L’angle formé par les pattes de l’arçon doit être parallèle à l’angle de l’épaule du cheval.

Figure 11 : Adaptabilité de l’arçon par rapport au dos du cheval – C. Rieser
  1. La rectitude de la selle

Que l’on regarde de face ou de dos, la selle doit suivre un plan horizontal. Les pointes de l’arçon doivent trouver leur place derrière la scapula, sans la contraindre.

Conclusion

Ainsi, l’adaptabilité de la selle est un sujet complexe qui recouvre plusieurs éléments : fabrication et mesures de l’arçon, conception de la selle (ajustement des panneaux, largeur de gouttière…) notamment.

Cependant, même avec une selle correctement adaptée au cheval selon les critères expliqués ci-dessus, il est nécessaire qu’elle le soit au mieux au cavalier. La position du cavalier et le travail qu’il mènera sur son cheval auront inévitablement un impact sur l’effet de la selle sur le cheval et sur son confort au travail. 

Il convient par conséquent de ne pas isoler l’adaptabilité de la selle au cheval, celle au cavalier, la position celui-ci et le travail qui sera fait sur le cheval mais de considérer que c’est un ensemble d’éléments qui interagissent entre eux et qui ont des impacts les uns sur les autres.

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